Les Portes de la vie.
Elles sont la matérialisation des grandes étapes de la vie. Certains de nos choix nous orientent vers certaines plus que vers d’autres. De longs couloirs
s’interposent entres deux portes. Voici dont résumer métaphoriquement ma vie.
Un jour, un psychologue rencontré à Genève nous avait dit que l’on possédait 3 cartes d’identités. La première, physique à la naissance qui nous détermine
fille ou garçon pour l’état civil. La deuxième vers l’age de 6/12 ans ou l’enfant se perçoit lui même comme fille ou garçon indépendamment de son sexe physique. Et la troisième qui apparaît à
partir de la puberté ou l’orientation sexuelle prend forme. Donc comme on peut le foire on n’est loin de la binarité homme/femme. Cela nous donnes trois portes à franchir lors des premières
années de notre vie. 3 Portes qui nous mènes d’entrée selon notre volonté ou pas sur des ramifications multiples de couloirs. La société nous en a balisé un, bien net, conforme aux normes. Mais
La vie en a décidée autrement pour moi. Pourquoi, comment mais une force intérieure m’a fait prendre une porte sur le coté durant mon enfance. Dés lors ma vie devait en être autrement. Sur le
principe le couloir ressemblait à celui normatif de la société bien pensante, mais l’éclairage était moins entretenu et les marquages aux sols d’une autre couleurs. Je faisais comme si c’était le
bon, me voilant la face sur les différences qui semblaient des petits détails insignifiants.
Pendant des années j’ai suivis ce couloir qui sans le savoir s’éloignait du normatif. Fin 1998 j’arrivais à un carrefour. La deux portes se présentaient à moi.
Identiques, sans styles, banales en somme. Ce qui était intriguant était que l’une était close sans serrure. En fait un choix biaisé. La première conséquence de mon choix de portes il y a 20ans.
Sans possibilité de faire demi tour je me mis à franchir cette porte obligée. Par la suite un sentiment mélangée de crainte et de soulagement se fit connaître. Un peu comme si je me sentais un
peu plus « moi » mais en sentant que la situation était néanmoins malsaine et bancal.
Plusieurs mois plus tard le long de mon couloir un porte en forme de cœur s’est présentée. Une porte pleine de promesse multiples et bizarrement avec la
possibilité de retour sur le couloir normatif. Je cédait à la tentation et franchis ce nouveau stade. Le couloir me menant au couloir normatif de la vie était un couloir sombre et emplis de
tests. Ceux ci étant sous formes de tentations pour mériter le retour à la norme. J’ai chutée une fois, du moins j’ai crus à une chute, mais ce n’était que ma vrai nature qui luttait pour
survivre. Néanmoins je restais sur ce couloir. A sa conclusion il y avait une très grande porte, blanche immaculée, flanquée de colonnes majestueuse. A son fronton était inscrite en lettre d’or
les mots union et mariage. Cette porte j’en avais longtemps rêvée, un peu comme une concrétisation. Je l’ai franchis sans me poser de questions. Hélas. Mais me revoilà sur le couloir « normal
».
Au début je me sentais mieux mais très vite je ne me sentais pas à ma place. Si ce couloir était net, bien entretenu, éclairé, il était aussi emplis de règles
et de lois. Toutes plus contraignantes les unes que les autres. Je me sentais mourir petit à petit. Je devenais quelqu’un d’autres façonnée à leur dogmes et normes. Alors j’ai aperçus ces portes
dérobées sur le bas coté. Elle permettait de revenir sur mon couloir originel pour de courts moment. Je me sentais renaître à nouveau. Mais j’avais violée le carcan du couloir normatif. La
sanction ne se fit pas sentir bien longtemps. Quelqu’un avait pris ma place sur le couloir normal de la vie. Une porte noire me fut présentée. Elle était bardée de fer, de clous, d’un bois noir
naturel. Même si le couloir continuait, deux gardes m’ont conduit vers cette porte. Derrière un long escalier en colimaçon descendait. Je ne voyais rien, il n’y avait pas d’éclairage et semblait
sans fin. Je mis des mois à m’enfoncer, seule sans comprendre pourquoi, sauf cette sensation d’inutilité qui m’emplissait à chaque marche.
J’arrivais en bas à noël 2004. La deux portes me furent présentées, différentes en tout point. La première très grande dorée, inspirant confiance et apaisement. Elle était
légèrement entrebâillée et deux ravissantes créatures m’appelaient de leur chant pour m’inviter à la franchir. L’autre, tout le contraire, toute petite. On ne pouvait la passer debout. Elle était
délabrée et malgré le fait que la clé soit dessus, il semblait qu’elle ne s’ouvrait pas. Elle était sale et d’une couleur indéterminée. J’étais si mal à ce stade que le choix semblait être déjà
fait. Malgré tout l’autre porte même si elle promettait souffrance, résultat non garantie, demandait énormément de patience, et même si la solitude risquait d’être éternelle, elle me disait que
c’était la que je devais être. Ma véritable nature était derrière. Je ne serais moi qu’en passant par la. L’autre porte, malgré sa facilité n’était qu’une grande lâcheté. Finalement je pris la
petite porte.
Un
immense sentiment de soulagement se fit sentir instantanément. C’était comme si je me libérais d’un poids et d’un secret énorme. Je savais maintenant qui j’étais et ce que je devais faire pour
l’être complètement. Mais le chemin serait long et parsemée d’embûches. Dès le départ il me fallait risquer de tout perdre. La première porte fut celle du divorce. Je la franchis avec
détermination cette fois. Les deux suivantes je les attendais avec force et impatience, mais je devais les mériter, prouver que j’étais à ma place sur ce couloir. Tout retour en arrière est
impossible me disait on. Aller en arrière mais pourquoi ? Et vers quoi ? Ces deux portes je les ai franchis avec joie. A chaque fois je me sentais mieux, mais aussi je sentais que je devenais
aussi autres chose. J’étais entre deux monde, n’appartenant plus à l’un et pas encore à l’autre. Et bien sur on ne manquait pas de me le faire savoir comme si on me refusait le droit d’aimer,
d’être un être humain. Il me fallait encore franchir une porte pour me sentir vraiment moi. Mais cette porte, il ne fallait pas non seulement la mériter, mais aussi la trouver. Personne ou
presque pour t’indiquer ou la trouver. Mais plus des gens pour te décourager de la trouver. Cette porte je l’ai trouvée, pas la ou je pensait la trouver à la base mais sur un autre continent,
dans une autre hémisphère. Je l’ai franchis seule, sans crainte et avec une détermination sans faille. Ce n’était pas une porte banale. C’était une porte immense, impressionnante, colossale même.
Pour beaucoup c’était de la folie. Mais en un sens c’était derrière que ce trouvait mon graal. Mon droit à la vie, à exister, à être moi sans en avoir honte. Cette porte je suis arrivée devant un
29 avril et l’ai franchis un 3 mai.
A mon retour j’avais trouvée la paix en moi-même. Et en
même temps je ressentais comme une sorte de vide en moi. C’était paradoxal mais ayant atteint mon objectif, je me retrouvais face à une plaine immense. Il me fallait me refixer un but, un
objectif de vie. Je crus le trouver un 14 juin. Ce soir la je crus rencontrer un ange. Je tombais follement et passionnément amoureuse de cet ange. Du moins je croyais que c’en était un. Je pense
que c’était plus une âme en détresse elle aussi. Telle Icare, je voulus voler vers elle et à ses cotés. Mais comme lui je me brûlais et chutais en pleine mer pour m’y noyer dans le
chagrin.
Pendant quelques mois je me sentais perdue. Je me
faisais l'impression de traverser une lande déserte et sombre. J'avais trouvée une maison éclairée dont la chaleur m'emplissait de joie et me donnais l'espérance. Mais voila un soir de septembre
j’ai du la quitter contre mon gré. J'ai du repartir dans cette lande perdue dans la noirceur de la nuit. Je me mis en quête à nouveau d'une lumière dans la nuit pour pouvoir retrouver ce bonheur
perdue. Ici et la je croisais des étincelles dans la nuit. Je me laissais séduire par elles. Mais leur chaleur me semblait pale et fraîche. Immanquablement je repensais à cette douce chaleur,
celle de cet été merveilleux et lumineux. J'avais beau essayer d'y croire mais rien n'y faisait, je ne faisais que comparer et immanquablement les regrets revenaient sans cesse. Les flammèches
croisées avaient beau essayer d'exister, je n'arrivais pas a me réchauffer. Je soufflais dessus et préférais me replonger dans la noirceur de la nuit. Dans cette lande perdue, il n'y avait pas de
chemins. Aller de l'avant, oui mais dans quelle direction quand votre coeur cherche toujours a vous ramener en arrière Mais en arrière ou est ce ? Je ne sais plus. Plus aimer, plus me laisser
aimer. L'extérieur de mon coeur est devenue dur a force de prendre des coups. Dès que je l'entrouvre, le froid et l'inconnu le terrifie et il se referme de peur d'avoir mal à nouveau. A croire
qu'il ne veut plus battre parce que chaque battement risque de faire mal. Comme une huître l'ouvrir de force le fais que le contracter plus fort encore. La chaleur le terrifie aussi car il a peur
de se consumer et d'en avoir mal. Les bienfaits de la chaleur et de la liberté il les a oubliés. Il souhaite fuir loin de peur qu'on le blesse a nouveau. Il se rappelle pourtant qu'il a été
heureux un temps avec... un ange, du moins le croyait il.
Mais après le crépuscule, vint l'AURORE. Par une froide soirée d’hiver. J’ouvrais une nouvelle
porte et rencontrais quelqu’un de différent. Mon cœur au début eu peur, il doutait même. « puis je aimer a nouveau ? dois je y croire ? et si ce n’était que pour ne pas être
seul » Pleins de questions et de doutes s’insinuait en moi. Ne sachant plus qui croire, je pris peur et claquais la porte pour m’enfuir à nouveau, aidée en cela par une voix qui ne cessait
de crier de lui revenir. Et la de nouveau au milieu de cette lande sans vie, je trouvais mes réponses. Oui je pouvais aimer à nouveau. Oui je pouvais y croire à nouveau. Non ce n’était pas pour
ne pas être seule. Mon cœur aimait de nouveau. Même si une partie continuerait d’appartenir à cet ange inaccessible et inatteignable, mon cœur battait pour une autre. Il ne le su qu’une fois
séparée de cet autre cœur. La passion certes il ne peut plus car la passion est trop dévorante, incandescente. Elle l’a brûlée juste au fond de ses moindres recoin. Il en a encore mal, un mal qui
ne le quittera jamais. Il est en convalescence avec cet autre cœur qui lui a appris à battre à nouveau.